Pourquoi avons-nous changé d’avis sur la laine chez L’Envol du Colibri

Pendant longtemps, chez L’Envol du Colibri, nous avons fait le choix de ne pas proposer de laine. Ce positionnement était profondément lié à mes convictions personnelles (Esther). Étant vegan depuis plus de dix ans, il me semblait important de construire une boutique cohérente avec cette sensibilité, et Sophie m’a suivie dans cette démarche.

Durant près de neuf ans, nous avons cherché à défendre une autre manière de s’habiller pour l’hiver. Expliquer qu’un bon pull en coton, associé à plusieurs couches, pouvait suffire. Rappeler aussi qu’en Belgique, les températures restent relativement modérées. Et surtout, montrer qu’il existe des alternatives plus respectueuses du vivant.

Mais la réalité du terrain nous a progressivement amenées à réfléchir autrement.

Publié le 10 jun 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Les matières animales : la question éthique

Les matières naturelles d’origine animale sont controversées pour des raisons à la fois éthiques et environnementales.

La question de l’exploitation animale reste personnelle et dépendra toujours de la sensibilité de chacun. Mais certaines pratiques sont aujourd’hui difficiles à ignorer.

La fourrure en est un bon exemple. Longtemps symbole de luxe et d’élégance, elle est désormais de plus en plus bannie des collections des grandes maisons de mode en raison de la souffrance animale qu’elle engendre. Comme souvent, mieux comprendre les coulisses de l’industrie permet de faire des choix plus conscients.

La grande majorité des matières animales utilisées dans l’industrie textile proviennent de pays où les réglementations liées au bien-être animal restent très limitées.

C’est notamment le cas de la laine angora, dont la Chine assure près de 90 % de la production mondiale. Pour préserver la qualité de la fibre, les poils des lapins sont parfois arrachés alors qu’ils sont encore vivants. Ces pratiques ont également été dénoncées dans certains élevages européens.

Du côté de la laine de mouton, la pratique du mulesing en Australie (premier producteur mondial de laine) est elle aussi régulièrement pointée du doigt. Cette technique consiste à retirer des bandes de peau autour de l’arrière-train des moutons, souvent sans anesthésie, afin d’éviter certaines infections parasitaires.

Sans chercher à culpabiliser, nous pensons qu’il est important de connaître la réalité derrière certaines matières pour pouvoir consommer de manière plus éclairée.

Les matières animales : l’impact écologique

D’un point de vue écologique, les matières animales ne sont pas toujours aussi naturelles ou durables qu’on l’imagine.

Le cuir, par exemple, nécessite de nombreux traitements chimiques pour transformer la peau brute en matière utilisable. Certains procédés de tannage utilisent encore des substances particulièrement toxiques comme le chrome VI, le formaldéhyde ou certains métaux lourds. Dans plusieurs régions du monde, ces produits finissent malheureusement dans les sols et les eaux en raison d’une mauvaise gestion des déchets industriels.

Bien que des alternatives plus propres existent, l’industrie privilégie encore largement le tannage au chrome pour des raisons de rapidité et de coût.

L’élevage intensif destiné à produire de la laine ou du cuir entraîne également des conséquences importantes sur les sols, la biodiversité et les ressources en eau.

Du coup, le recyclage, ça donne quoi ?

Les matières textiles les plus souvent recyclées aujourd’hui sont le polyester, le coton, le nylon (notamment pour fabriquer l’Econyl à partir de vieux filets de pêche) mais aussi la laine.

Le recyclage permet d’éviter de prélever de nouvelles ressources et d’allonger la durée de vie de fibres déjà existantes.

Dans le cas de la laine recyclée, cela prend particulièrement du sens puisque l’élevage reste une source importante d’émissions de CO₂. Utiliser de la laine recyclée permet donc de limiter l’impact environnemental lié à la production d’une nouvelle fibre.

La laine recyclée est fabriquée à partir d’anciens vêtements ou de chutes textiles retransformés en nouvelle matière. Contrairement à la laine vierge, il n’est donc pas nécessaire d’élever davantage de moutons ni de produire une nouvelle fibre.

Cette approche s’inscrit dans une logique de mode circulaire et de consommation plus responsable.

En résumé, la laine recyclée, c’est :

  • une réduction importante des émissions de CO₂ ;
  • jusqu’à 96 % d’énergie économisée ;
  • jusqu’à 99 % d’eau économisée ;
  • peu ou pas de nouvelle teinture nécessaire ;
  • pas de nouvel élevage intensif lié à la production de la fibre ;
  • une matière recyclable plusieurs fois sans perdre ses principales qualités.

La réalité du terrain

Très souvent, des client.e.s entraient en boutique avec une demande précise : un pull chaud en laine. Certain.e.s appréciaient notre sélection, nos valeurs et notre démarche… mais repartaient finalement acheter ailleurs faute de trouver ce qu’elles cherchaient chez nous.

Cette situation a soulevé une vraie question : vaut-il mieux rester dans une position très stricte, au risque d’orienter nos client.e.s vers des vêtements produits dans de moins bonnes conditions ? Ou proposer une alternative plus cohérente avec nos engagements environnementaux ?

C’est cette réflexion qui nous a conduites à intégrer, avec beaucoup de précautions, quelques pièces en laine recyclée.

Il n’a jamais été question pour nous de proposer de la laine vierge. La laine recyclée nous semble être un compromis plus responsable, car elle permet de valoriser une matière déjà existante plutôt que d’encourager une nouvelle production.

Dans une industrie textile où la surproduction est devenue la norme, réutiliser des fibres existantes nous paraît aujourd’hui avoir du sens. Cela permet également de proposer des vêtements durables, chauds et de qualité, sans participer davantage à l’exploitation des ressources.

Cette évolution ne signifie pas que nous avons abandonné nos valeurs. Au contraire. Elle reflète une vision plus nuancée de la mode éthique : une mode qui cherche des solutions concrètes, imparfaites parfois, mais plus conscientes.

L’Envol du Colibri vous propose des pulls en laine recyclée

Chez L'Envol du Colibri, nous continuons à privilégier des matières durables, des marques engagées et une consommation plus réfléchie.

C'est dans cette logique que nous avons choisi d'accueillir Rifò, marque italienne pionnière de la mode circulaire, ainsi que des pulls en laine recyclée pour hommes et pour femmes de Lucid. Deux marques qui partagent notre vision d'une laine sans nouvel élevage, sans nouvelle teinture, et avec un vrai souci de transparence sur leur fabrication.

Nous pensons qu'avancer vers une mode plus responsable passe aussi par l'écoute des besoins réels, sans tomber dans le tout ou rien.

La mode éthique n'est pas une quête de perfection. C'est une démarche faite d'équilibre, de transparence et de choix plus conscients, un vêtement à la fois.

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Source :

Lucid – La laine recyclée : un pilier de la mode circulaire

Céline Séris – Mon dressing heureux

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